LEVARAY-EFIX :
PUTAIN D’RENCONTRE
Une usine où rode la mort et où les instants
sont tissés d’ennui, d’angoisse et de fatigue...
Une usine où les jeux vidéo remplacent
peu à peu la belote pour tuer le temps...
Une usine où l’on attend le grand licenciement,
sous la menace de la grande explosion...
Une usine de produits chimiques, similaire
à celle d’AZF - dont la désintégration ensanglanta
et dévasta Toulouse en 2001 - et appartenant
à la même sinistre multinationale...
C’est sans fioritures que Jean-Pierre Levaray raconte
avec force le quotidien d’une classe ouvrière qui,
loin d’être allée au paradis, se morfond dans
un purgatoire oublié. Englués dans la grisaille,
confrontés au mépris et à la morgue des décideurs
et gestionnaires, les prisonniers du boulot
oscillent entre les tentations de la révolte
et les affres de la résignation...
... l’ensemble sous le trait sans concession
d’Efix qui est entré dans ce texte comme
on entre en résistance : le poing levé !... Jean-Pierre Levaray est ouvrier dans une usine de produits chimiques...
Il est aussi écrivain, a publié de nombreux récits... Levaray pose des mots pudiques
et rageurs sur son quotidien... défaitiste, il raconte l’ogresse, cette putain d’usine...
Et puis les échappées belles, ses «interludes», copains, vacances en famille, lectures...
Levaray marie radicalité et poésie. Tout un art !
Martine Laval - Télérama du 19 octobre 2005
"Le noir et blanc décrit au plus juste la grisaille de ces vies
tissées de fatigue, d’angoisse et d’ennui :
les soutiers du boulot en sortent illuminés."
Laure Garcia- Le Nouvel Observateur 2007